« Avant, j’étais… »

Dans la période sans précédent que nous vivons actuellement, le fait de penser « avant, j’étais ci et ça » n’est pas quelque chose de si étrange. Mais qu’en serait-il si nous pouvions dire ceci…

Écrit par Maggie Pope
« Avant, j’étais… »

En ce moment, il y a beaucoup d’articles dans les médias, qui parlent de comment la vie était avant la distanciation sociale, le confinement et cette pandémie mondiale. Chaque jour, de nouvelles directives officielles du gouvernement sont publiées sur la manière dont notre société devra fonctionner si le confinement venait de nouveau à être nécessaire. Certains ont envie de revenir à la vie d’avant, tandis que d’autres ont découvert un autre mode de vie qui leur convient mieux – moins de stress, plus de temps libre et moins de responsabilités.

Ce n’est pas seulement l’état bouleversé de la société qui peut nous pousser à regarder en arrière pour voir comment nous vivions, et pour constater les changements qui ont eu lieu dans notre vie. Le simple fait de prendre de l’âge peut aussi nous pousser à comparer ce que nous sommes ici et maintenant par rapport à ce que nous étions à d’autres moments précis de notre vie.

Et, dans ce contexte, mon mari m’a dit quelque chose de très important dans la cuisine cette semaine.

Comment j’étais avant

Nous venions justement de nous remémorer notre mariage, parce que notre 45ème anniversaire de mariage approchait – nous pensions alors au passé, à tous les aléas de notre vie, aux bons moments, et aux moins bons moments, à tous nos enfants, nos petits-enfants, et à la manière dont nous avions dû modifier la façon dont nous gérons nos entreprises à cause du confinement, et il a dit de but en blanc : « Avant, j’étais vraiment quelqu’un de dur. »

Avant, j’étais…

Et cela est vrai ; avant, il était effectivement dur, avec des principes, des façons de faire bien tranchées, des priorités bien définies et des règles à la maison. Mais il n’est plus ainsi.

Alors, cela m’a fait réfléchir à moi-même, et aux choses qui m’avaient caractérisées au fil des années, et la chose qui me caractérisait le plus avant, c’était la rancœur. Avant, j’étais une personne très rancunière, et je pouvais ruminer encore et encore des choses que d’autres m’avait faites ou dites, ou je pouvais ruminer la manière dont cela m’avait affectée ou contrariée. Mais je ne le suis plus aujourd’hui.

Avant, je l’étais.

Nous pouvons parfaitement parvenir à dire cela de chaque aspect de notre nature humaine dont nous avons besoin de nous purifier pour devenir semblables à Jésus, ce qui est notre droit et notre but. Nous pourrons ainsi dire :

Avant, j’étais jalouse.

Avant, j’étais amère.

Avant, j’étais égoïste.

Avant, j’étais paresseuse.

Avant, j’étais arrogante.

Avant, j’étais craintive.

Avant, j’étais…

Comment je peux être transformée

Le chemin le plus rapide vers un objectif, c’est en ligne droite, et il est écrit que nous devons « suivre avec nos pieds des voies droites », et c’est en pensant à la parole de Dieu et en obéissant à la « doctrine » que nous pouvons faire cela. La signification d’une doctrine, c’est un ensemble de croyances, et l’ensemble de croyances que je veux suivre, c’est que lorsque je renonce à moi-même et que je me charge de ma croix, le péché dans ma nature humaine peut être détruit petit à petit. Porter sa croix, c’est le processus de renoncer à quelque chose d’humain, comme la rancœur par exemple, jusqu’à ce que cela meurt.

Parfois, et spécialement lorsqu’on est jeune, ce processus peut sembler interminable et sans issue claire. Je ressentais cela, moi aussi, mais j’ai baissé la tête, j’ai cru en Dieu, et j’ai continué à combattre dans une foi aveugle.

En plus d’avoir une foi aveugle, nous devons ancrer notre vie dans le rocher de la parole – dans des paroles telles que :

« J’étais à mon poste, et je me tenais sur la tour ; je veillais, pour voir ce que l’Eternel me dirait, et ce que je répliquerais après ma plainte. » Habacuc 2,1.

Le processus est explicite :

  1. Il faut d’abord se tenir sur la tour. La tour fait partie d’un système de défense, d’un système de défense fortifié – notre système de défense, c’est la parole de Dieu, et l’attitude qui dit « Il est écrit. » Ainsi, dès le départ, mon rôle est de rejeter la rancœur, que j’aie raison ou non. Je suis consciente d’être faible dans ce domaine, et je ne veux pas que cela continue. Je me tiens résolument à mon poste.
  2. Voir ce que l’Eternel me dira. Je dois être à l’écoute et rester alerte. Je dois m’attendre à entendre quelque chose et je dois l’accepter lorsque je l’entends. Si je veille constamment, je peux entendre la voix de l’Esprit lorsque le premier chuchotis de rancœur vient siffler à mes oreilles.
  3. Ce que je répliquerais après ma plainte (« Ce que je répliquerais si j’étais corrigé », traduction anglaise). C’est là ma réponse lorsque je suis consciente que l’Esprit met le doigt sur une pensée silencieuse purulente que j’aurais ignorée ou refoulée, en espérant qu’elle s’en aille d’elle-même. Mais elle ne s’en ira pas. Ce rappel est une correction, et je dois l’accepter. Plus vite je peux dire « Oui, je ressens de la rancœur », plus vite je peux ajouter ensuite : « … et je peux y renoncer. » C’est une décision et un choix conscients, un choix résolu. C’est là la voie droite qui peut me mener à devenir plus semblable à Jésus, et cela n’arrivera pas si je me contente juste d’essayer d’être gentille avec les autres. N’importe qui d’entre nous peut être gentil, mais cela ne fait pas de nous des disciples. 

Et pour les disciples, cela ne fait aucune différence si nous sommes contraints de respecter la distanciation sociale ou non : tendre l’oreille à la correction est un processus constant. Cela fonctionne pour une personne dure et pour une personne rancunière, pour une personne jalouse, amère, égoÏste, paresseuse, arrogante, craintive. Cela fonctionne pour tout un chacun.

Au cours des mois à venir, je ne sais pas si je vais pouvoir reprendre les cours physiques avec mes étudiants, ou quelles directives nous recevrons quant à l’accueil physique de mes patients au bureau, ou si nous pourrons rendre visite à notre petite-fille qui vient de naître. Mais je me réjouis pour le jour où je pourrai dire « Avant, j’étais… » en parlant d’autres domaines dans ma vie, parce que je serai restée sur mes gardes et que j’aurai veillé.

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