Le pardon : les conditions, la moisson, la reconnaissance et l’amour (2/3)

VIDÉO : Il faut beaucoup d’humilité pour admettre que nous avons péché et que nous sommes tombés.

Beaucoup de gens connaissent le principe du pardon. Jésus a donné sa vie pour nous, afin que nous puissions recevoir le pardon du péché. Bien sûr, cela ne nous donne pas l’autorisation de pécher, mais si Jésus est mort à la fois pour les péchés que nous avons déjà commis et pour ceux que nous allons commettre, pourquoi est-il si important de vaincre le péché ?

Dans l’épisode 2 de notre discussion avec Milenko, le rédacteur de ChristianismeActif, nous lisons ce que dit la Bible à propos des conditions nécessaires pour obtenir le pardon et de ce qui nous pousse vers l’avant lorsque nous avons été pardonnés.

N’oublie pas de regarder le reste de la discussion sur le pardon dans l’épisode 1 (Le pardon : le péché, l’amour de Jésus pour nous et un nouveau départ) et l’épisode 3 (Le pardon : une double grâce, une nouvelle création et l’éternité) de cette série de 3 épisodes
(Transcription audio de cette vidéo en bas de l’article)

Pour en apprendre davantage sur le pardon :

Visitez notre page thème à propos du pardon et de la culpabilité. 

https://activechristianity.org/have-i-gone-too-far-for-forgiveness

 

Transcription audio

Kathryn :
Dans le premier épisode de cette série, nous avons parlé de la raison pour laquelle nous avons besoin du pardon, et comment nous pouvons le recevoir. Nous commencerons l’épisode 2 avec cette question : « Y a-t-il des conditions à respecter pour recevoir le pardon ? »

Milenko :
Nous pouvons lire par exemple dans 1 Jean 1, 9 que « si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. » Nous voyons donc que c’est quelque chose de très important. Si nous confessons nos péchés, nous reconnaissons que nous avons péché. Il peut alors nous pardonner. Sans cette reconnaissance, il ne peut y avoir de pardon.

Kathryn :
Et cela demande d’être humbles, pour admettre que nous avons péché et que nous sommes tombés.

Milenko :
Oui, nous devons vraiment nous humilier nous-mêmes. Je dois me dire : « Oui, je suis un pécheur, et voici ce que j’ai fait. » Cela montre mon état d’esprit. Cela signifie que je suis ouvert à recevoir le pardon. Et dans ce cas, je peux le recevoir.

Cela veut également dire autre chose en lien avec cela : lorsqu’on veut se confesser, il ne suffit pas seulement de dire « j’ai commis un péché », mais il faut également s’en repentir. On lit cela très clairement. Il est dit dans Luc 24, 47 « que la repentance et la rémission des péchés seraient prêchées en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. » C’était donc d’abord la repentance, puis la rémission. La repentance, le pardon.

Kathryn :
Donc la rémission signifie le pardon, c’est bien ça ?

Milenko :
Oui, c’est la même chose, les péchés commis sont effacés. Mais avant, il y a la repentance. Cela signifie que j’éprouve de la tristesse d’avoir péché. C’est lorsque je vois l’amour que Jésus avait pour moi que je ressens cette tristesse d’avoir péché contre lui. Cela me pousse à me repentir. C’est à cause de l’amour que j’ai pour Jésus. Et non parce que j’ai peur d’aller en enfer ou quoi que ce soit, mais parce que j’aime Jésus.

Kathryn :
Et qu’en est-il de pardonner aux autres ?

Milenko :
C’est en effet un élément important. Il est aussi écrit dans Matthieu 6, 14 que « si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi. » Et ce qui suit est important : « Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. »

Kathryn :
C’est très clair.

Milenko :
C’est très clair et très important. C’est un élément très important : nous devons apprendre à pardonner aux autres pour ce qu’ils ont fait contre nous. Que ce soit quelque chose de réel ou simplement quelque chose que je perçois, mais je dois apprendre à pardonner. Et c’est là le fondement pour que je puisse moi-même recevoir le pardon.

Kathryn :

Il y a un verset auquel j’ai pensé au sujet du pardon, on peut le lire en Éphésiens 1, 7 : « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce. »  On dirait qu’il n’y a aucune condition.

Milenko :
Dans ce verset, nous nous rendons compte de la grâce immense que nous avons d’avoir pu recevoir le pardon dont nous venons de parler. Une grâce qui n’est pas méritée. Mais rappelons-nous que le pardon va de pair avec la repentance. Nous pouvons lire un verset que Paul écrit dans Romains 6, 1 : « Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? » On peut se poser cette question : je reçois beaucoup de grâce quand je pèche, est-ce que je ne devrais pas pécher encore plus pour recevoir davantage de grâce ? Mais Paul écrit : « Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? » Nous voyons ici ce que la repentance signifie. C’est une conversion du cœur. Nous sommes morts au pêché. Cela signifie que le péché est mort en nous.

Loin de là ! Il est catégorique sur ce point. Loin de là ! Et c’est là l’état d’esprit dans lequel nous devons nous trouver lorsque nous nous repentons. C’est une conversion de cœur. Une volte-face à 180 degrés, pour commencer à marcher dans une toute autre direction. Là où auparavant nous vivions selon nos convoitises, selon le péché auquel nous étions tentés, nous servons maintenant Dieu. Et cela signifie que nous commençons à combattre le péché. C’est la nouvelle vie qui s’ouvre devant nous une fois que nous avons reçu le pardon. Voilà l’intention avec le pardon.

La grâce que nous recevons ouvre donc de grandes possibilités pour nous. C’est la grâce de la Nouvelle Alliance.

Kathryn :
Qu’il est désormais possible d’agir face au péché que nous voyons en nous.

Milenko :
Nous pouvons en effet agir face au péché, alors que dans l’Ancienne Alliance, ils ne pouvaient jamais en avoir fini, et ils devaient sans cesse apporter des sacrifices. Mais maintenant, nous avons la possibilité d’en avoir fini.

Kathryn :
Alors est-ce que cela signifie qu’au moment où on se repent, on prend une décision, et qu’à partir de ce jour, on arrête totalement de pécher ?

Milenko:
Ce serait l’idéal, n’est-ce pas ? Mais je pense qu’en pratique, on se vite rend compte que cela ne marche pas exactement comme ça. La repentance est un changement d’attitude : « Maintenant je ne veux plus servir le péché, je veux servir Dieu, et je commence à y travailler. » Et on peut dire qu’on commence alors à suivre Jésus sur le chemin qui mène à la perfection. Mais c’est comme un enfant qui commence à marcher. Les enfants commencent à marcher, et ils tombent, très souvent même. Mais le fait de tomber est totalement différent du fait de vivre dans ces choses. Tu ne peux pas dire que tu « effectues une chute » ou que tu « commets une chute ». Cela peut arriver, ce n’est pas intentionnel. Il est important de comprendre cela : quand on a commencé à marcher et que l’on tombe, ce n’est pas la fin du monde. Bien sûr, c’est un péché, et il faut se repentir de nouveau, et demander pardon une fois de plus. Mais Jésus pardonne aussi cela.

Tout est une question d’état d’esprit. Je me relève et je continue. C’est très important de comprendre cela. Mais lorsque je me convertis, que je me repens, c’est du fait de vivre dans le péché, de vivre selon mes convoitises dont je me repens. Maintenant je commence à marcher. Je vais dans une autre direction.

Kathryn :
Mais si on vient à tomber, comme cet enfant qui apprend à marcher et qui tombe, et qu’on se relève, est-ce vraiment important de demander pardon à chaque fois ? Ou est-ce que le fait d’avoir été pardonné signifie qu’on est désormais pardonné pour toutes les fois où on tombera ?

Milenko :
Il faut bien sûr demander pardon de nouveau, car nous avons bien commis un péché. Le pardon nous est immédiatement accordé, mais nous devons toujours avoir ce même sentiment de remord. Cela reste une chute, une défaite pourrait-on dire dans cette situation. Et il faut vraiment que je montre que je me repens, que ce n’était pas ce que je voulais. La vie continue. Mais je peux apprendre de ce qui s’est passé, et je peux apprendre à faire mieux la prochaine fois. Voilà le développement d’un chrétien.

Kathryn :
On ne peut donc pas se dire que ce n’était pas si grave.

Milenko :
Non, absolument pas. Dans ce cas tu ferais exactement comme ils faisaient dans l’Ancienne Alliance : tu apporterais sans cesse des sacrifices car tu ne veux pas réellement tout abandonner. Et tu utilises alors Jésus comme l’un de ces sacrifices, comme ils faisaient dans l’Ancienne Alliance. Et finalement, tu le crucifies encore et encore. C’est vraiment une mauvaise attitude à avoir. Ce n’est pas montrer de l’amour à Jésus.

Kathryn :
D’accord, je vois ce que tu veux dire. Mais si par exemple un mensonge pourrait m’aider à me sortir d’une situation contraignante, ou me rendre la vie un peu plus facile dans une situation, et si cela ne fait de mal à personne, ce n’est peut-être pas quelque chose de si grave finalement.

Milenko :
Réfléchis un peu. Cela dépend entièrement de ton attitude et de ta relation avec Dieu. Si vraiment tu aimes Dieu, tu ne voudrais rien faire contre lui. Et pécher, mentir dans le cas présent, c’est aller à l’encontre de la volonté de Dieu. Tu fais donc quelque chose que Dieu ne veut pas. C’est vraiment un mauvais état d’esprit de penser que je peux continuer à faire ces choses car Dieu me pardonnera dans tous les cas. C’est tellement loin de l’amour. Et c’est pourtant la raison pour laquelle nous le faisons. Parce que nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier. Et le fondement du pardon repose sur cela aussi. Il est important d’aimer Dieu car c’est ce que l’on veut. Non pas parce qu’on en obtient un gain personnel, mais bien plus parce qu’on aime Dieu. Et ce n’est pas pour des raisons égoïstes. On ne peut pas vivre de manière égoïste car l’égoïsme, c’est du péché.

Kathryn :
Donc si je disais ce petit mensonge pour me sortir d’affaire, cela montrerait en fait que je ne me soucie pas beaucoup de Dieu.

Milenko :
La chose dont il faut se rappeler, c’est que pécher et vivre selon mes convoitises, c’est de l’égoïsme, de la vanité, et il n’y aucun amour là-dedans. Et ce que je fais affecte aussi les autres. C’est inévitable. Tu peux penser que c’est une bagatelle, mais cela affectera obligatoirement ton entourage, si tu es égoïste. Et si Jésus m’a aimé, qu’est-ce que je dois aux autres ? Je dois également les aimer. C’est le deal. Quand je suis rempli de reconnaissance, de gratitude et d’amour pour Dieu, cela se convertit nécessairement en amour pour mon prochain. C’est aussi une raison pour ne pas pécher.

Kathryn :
Et la Bible ne dit-elle pas qu’on doit récolter le fruit de chaque péché que l’on commet ?

Milenko :
C’est juste, en effet. Le péché a des conséquences. Tout ce que l’on fait a des conséquences, et le pardon n’annule pas la récolte. Et si tu sèmes selon tes convoitises, alors il faudra le récolter. Tu peux par exemple avoir des pensées, même après t’être converti et avoir reçu le pardon, des pensées de ton ancienne vie qui peuvent refaire surface, et cela peut être un fardeau pour toi. Ou tu as peut-être abîmé une relation par ton égoïsme et tu dois maintenant la réparer. Et cela peut prendre du temps.

Kathryn :
Donc la moisson n’est pas une sorte de châtiment corporel auquel on doit s’attendre, ou bien quelque chose d’horrible qui va arriver ?

Milenko :
Non, ce n’est pas cela. Ce sont les contrecoups et les conséquences dus à une vie où tu as vécu selon tes convoitises, une vie dans le péché. C’est de cela dont il s’agit. Et le pardon n’enlève ni les conséquences ni la moisson.

Kathryn :
Donc si je n’avais pas péché d’abord, je n’aurais pas eu à devoir gérer tous les effets qui en découlent.

Milenko :
Non, c’est exact. Donc une fois qu’on est pardonné, il faut se concentrer là-dessus et vivre une vie qui ne mène pas à des conséquences négatives, mais qui mène à une bonne moisson pour le bien qu’on fait.

Mais la vérité est que nous devons inévitablement passer par la moisson de notre ancienne vie, mais nous pouvons maintenant utiliser cette opportunité pour avoir part à encore plus de salut, et pour montrer à Dieu que nous le servons en dépit de notre ancienne vie. C’est aussi une manière de montrer notre amour pour lui.